⛱ Parasol extra-ordinaire : Hommage au Printemps en Touraine ;-)

Vive la vie

Verte et jolie !

Ce gentil mois d’avriz

Dans la prairie

De Château-Plessis

Ravi Ravie

Il lui sourit

Elle lui dit oui

Et tout fut dit

Dans la prairie

Vive la vie

Verte et jolie !

Certains puristes diront que ceci n’est pas un parasol puisque le mot n’apparait dans le texte.

À ces puristes je répondrai que ce parasol est peut-être le plus parasol de tous mes parasols . Il tente d’exprimer le bonheur absolu dont j’ai tenu la note une journée entière la semaine dernière en Touraine. D’exprimer et de faire partager.

On dit que les gens heureux n’ont pas d’histoire . C’est pour cela que les photos qui accompagnent ce texte sont des photos ‘carte postale’. Comment exprimer le bonheur sinon par des clichés (au sens propre et au sens figuré) qui renvoient tous et chacun à une expérience individuelle du bonheur? Tout le monde connait le bonheur de cette énergie jaillissante du printemps quand l’herbe verte les fleurs les arbres explosent de vie sur fond de ciel bleu décoré de petits nuages blancs. C’est pourquoi ce texte qui tente de renvoyer ses lecteurs à des moments de leurs vécus (de l’heure vécue ) est bien un parasol mais un parasol version Tourangère 😉

J’en profite pour conseiller aux lecteurs qui lisent l’anglais de plonger dans Spring is here ! de William Carlos Williams. Le mot anglais ‘spring’, printemps, qui signifie aussi ‘bondir’ , ‘source’, ‘jaillir’ sonne, à mon goût, beaucoup mieux que le mot français qui s’éteint étouffé dans la deuxième syllabe.

Pour les franco-français, mon texte préféré sur le printemps est ce rondeau écrit vers 1450 par Charles d’Orléans qui s’est découvert poète en prison.

Le temps a laissé son manteau

De vent, de froidure et de pluie

Et s’est vêtu de broderies,

De Soleil luisant, clair et beau.

Il n’y a bête, ni oiseau

Qu’en son langage ne chante ou crie

Le temps a laissé son manteau

De vent, de froidure et de pluie.

Rivières, fontaines et ruisseaux

Portent en livrée jolie

Gouttes d’argent, d’orfèvrerie

Chacun s’habille de nouveau.

Le temps a laissé son manteau.

Et maintenant, sur la question de la difficulté d’écrire le bonheur, je vous réfère à Vassili Golovanov qui , dans son Éloge des Voyages Insensés, (Éditions Verdier) p.258, écrit :

« L’azur, imbibé de soleil,s’étendait au-dessus du monde, au-dessus de la mer – si pur, si primordial, que montait aux lèvres le mot polonais niebieski où « bleu » et « ciel » sont à ce point organiquement confondus.

Étais-je heureux ?

Peut-être le mot « bonheur » est-il trop limité pour définir ce que je ressentais. C’est pour cela, peut-être que j’énumère stupidement : vent, sable, vagues, argile,car rien d’autre n’existait … »


1 Pour mémoire, le château en photo est celui de Plessis-Bourré (;-) ) construit par Jean Bourré, Grand Argentier de Louis XI. Jacques Demy, qui s’y connaissait en conte de fées, y a filmé Peau d’âne, film à voir absolument si vous ne connaissez pas.

2 Sinon pour la photo de la lumière tamisée dans les arbres, les Japonais ont un mot spécifique Komorebi . Je cite :

Komorebi : 木漏れ日 – est un mot japonais désignant la lumière du soleil, filtrée à travers les feuilles des arbres. Composé de ko 木 signifiant « arbre », more 漏れ, « qui fuit, qui passe », et hi (ou bi) 日, « soleil ; lumière du soleil ». Il désigne “la lumière du soleil qui brille à travers les arbres” mais aussi la beauté éphémère et l’imperfection des choses.