A l’ombre du parasol-paradis
Blotti dans les bras de Maman
Les yeux fermés
On s’écoute grignoter
La deuxième oreille du Petit Lu
A l’ombre du parasol-paradis
Blotti dans les bras de Maman
Les yeux fermés
On s’écoute grignoter
La deuxième oreille du Petit Lu
Il est venu vers moi
Les autres attendaient derrière
Il était nu hagard
Il parlait Portugais
Il a dit qu’il s’appelait Pessoa
Personne
Qu’il était Prix Nobel
Qu’ hier
Leur bateau s’était broyé dans la tempête
Où sont-ils ?
Je ne sais pas
La police les a tous embarqués
Et vous ?
Je suis restée sous mon parasol
A l’abri du parasol
Le cerveau dans la barque des bras
Dérive
La balle du monde
Joyeuse
Saute de marche en marche
On la suit
Elle s’enfuit
On la perd
Elle s’en fout
On s’en fiche
Nous on dort
Endormi sur une chaise
A l’abri du parasol
On ne voit pas passer
Le tout petit garçon
Qui regarde
Avec des yeux ronds
Avec Papa
En plein devant le parasol
On a fait une vraie voiture de course
Juste deux sièges
Des phares
Des vitesses
Mais on a problème avec le volant
Hein Papa ! qu’on a un problème
Avec le volant !
Assis sous le parasol
On la regarde rieuse
Bronzée
Courir et plonger dans l’eau
C’est mieux que le coucou
Par la fenêtre
Le matin
Quand elle va au boulot
Il pleut sur la vitre de la chambre
Le balcon regarde la mer plate et grise
L’ennui comme un chat mort
Rôde sur la plage sans parasol
C’est l’hiver
Assis jambes ballantes
Tout au bord de la terre
Le parasol planté dans un trou de rocher
On bute contre la mer
Il se dandinait devant le parasol
On a vu la goutte de sang
Au bout de son bec jaune
Crochu
Son oeil rond rouge
Glacé
Et maintenant il plane
Magnifique
Là-haut dans le ciel bleu
PS : je sais que j’indispose certains de mes chers lecteurs avec mes références obscures : là je dois dire que je sors pas tout-à-fait indemne du roman de Koestler dont j’ai appris hier qu’il vient d’être retraduit.
La version Brassens de ce que cherche à exprimer serait plutôt « mourir pour des idées d’accord ! mais de mort lente ! » ..;-/
Voilà 😉
Sinon, mon sujet c’est le goéland , l’albatros (pour info 😉 ) n’a pas de goutte de sang au bout du bec ….Ceci pour dire que mon misérable parasol n’entame en rien la rêverie de Baudelaire 😉
On creusait le port
A côté du parasol
Il a demandé
Je peux venir ?
Papa a dit Ouibiensûr
Et maintenant
On est trop