Assis sous le parasol
On se gorge de la mer
Enfin elle est là
Devant nous
Enfin
Elle existe
Assis sous le parasol
On se gorge de la mer
Enfin elle est là
Devant nous
Enfin
Elle existe
On remonte vers le parasol
Avec le seau
Tatie veut des jolis cailloux
Pour les vernir
Avec son vernis à ongles
Après ils brillent
Le soleil se lève
La mer attend
Et à neuf heures sonnantes
Plop !
Eclôt le premier parasol
Chaque âge dit-on a ses plaisirs
Il a aussi dis-je
Son nécessaire de plage
On commence d’abord
Avec un seau et un râteau
Surgissent alors en bondissant
Le surf magique et le ballon
Suivent ensuite plus lourdement
Et tout planplans
Le parasol les couffins la glacière et toutes les serviettes
Arrivent enfin à pas comptés
Le parasol et son pliant
Si confortable si pertinent
C’est l’automne immobile et doré
La mer ose à peine
Ressasser ses graviers
Seul sous le seul parasol
On panique et
On voit
Beau rime avec tombeau
Plage avec cage
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Si vous vous posez des questions sur cette dédicace, voici le poème auquel en toute humilité je fais référence 😉
Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.
Je trône dans l’azur comme un sphinx incompris ;
J’unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d’austères études ;
Car j’ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !
C’est bon ! On est tranquilles !
Mais si ! On est tranquilles !
Regarde !
Ils sont là-bas !
Tankés sous leur parasol !
Ils lisent !
On est tranquilles je te dis !
C’est l’automne
Tout est doré
Rien ne bouge
Juste la mer qui respire
Seuls sous le seul parasol
On regarde un tout petit bateau
Traverser le tableau
C’est l’hiver
La mer grise hurle à la mort
Il n’y a rien à faire
Alors on envoie aux amis
De petits rectangles d’été
Pleins de parasols un peu niais
Mais si joyeux !