Assis sous un parasol
On lit la courte vie d’un opposant
On regarde la mer
Jusqu’à quand les hommes ?
Assis sous un parasol
On lit la courte vie d’un opposant
On regarde la mer
Jusqu’à quand les hommes ?
Allez ! Viens ! Sors de l’eau !
On a déjà plié le parasol !
Les dents serrées
On tire à pleine force
Une boule hurlante
Qui se débat
Jamais on n’aurait imaginé
Cette année
On fera sans parasol
Trop lourd
Trop encombrant
Trop familial
Arrivé sur la plage
On pose le cabas
On plante le parasol
C’est comme si on tournait
Une page
Allongé sur le dos
À même les galets chauds
Traversé par le soleil d’été
On boycotte le parasol
On se laisse réparer
Le vent est frisquet
On court vers le parasol
Et on voit le petit tas rouge
Notre serviette toute mouillée
Toute pleine de sable
Assis devant une mousse
On regarde la plage
Plantée de parasols
Comme autant d’arbres à palabres

Et me revoilà au pinceau 😉
Toujours grand 65*50 . Toujours de l’acrylique .Les couleurs , comme d’hab, sont beaucoup plus belles (surtout les montagnes) en vrai .
Je pense que je dois (profondément ) ce dessin à un très cher ami qui m’a dit un jour que le chemin est plus intéressant que l’arrivée : sa compagne le reconnaitra car il ne va pas sur mon blog 😉
Mais le déclencheur est l’extraordinaire roman de Marguerite Duras ‘Le Vice-Consul’ : le début du roman suit une jeune paysanne enceinte chassée par sa famille qui longe pieds nus pendant des pages et des années le fleuve qui mène à la mer (c’est pour cela que j’ai choisi le bleu comme couleur du chemin ).
Comme teaser , vous dire que la peinture qui suivra a elle aussi été déclenchée par ce roman.
J’aurais voulu écrire l’idéogramme Tao ou Dao qui veut dire (entre autres) la voie ou le chemin mais je n’avais pas la place et de toute façon il se passe de peinture 😉 Notez quand même que j’ai donné à mon pèlerin la forme de l’idéogramme chinois qui signifie ‘homme’ 😉
Bien amicalement à tous par ces temps sauvages !
sl