
Auteur : Sylvette Lemerle
⛱ L’aveu
La vie sous un parasol
Est avouons-le si intense
Que souvent
Très souvent même
On en oublie la mer
⛱ Le silence des mouettes
Bien loin des parasols
A fleur de falaise
Une mouette plane en silence
Et tout-à-coup
Debout sur cette falaise
On entend le silence
⛱ Le (dur) principe de la (dure) réalité
Assis sous un parasol
On se refait le film
On n’y voyait rien
On était gelés
Le sable était froid
Finalement ce soir
Ce sera comme d’hab
Bien au chaud sous la tente !
⛱ Les héroïques
A trois heures en plein cagnard
Après le barbeuque
Et les litres de rosé
Sous le parasol
C’est juste pas possible
Et pourtant
On y est !
⛱ Transmission
Assis sous le parasol
On voit un bel oiseau blanc
Délicat
Qui picore les vaguelettes
C’est quoi Papa ?
Oh moi, tu sais, en blanc,
A part les mouettes et les ours polaires !
⛱ L’après-midi du 4 août
Assis en rond
En plein soleil
Au fond de la plage
On se crame la peau
C’est la faute aux parents
Ils squattent les parasols
⛱ L’ascète
Assis sous le parasol
On ne voit rien
On voit juste la mer et l’horizon
C’est encore trop
On ferme les yeux
Peinture : La Paimpolaise et son moussaillon

Théodore Botrel, par une nuit de 1895, bouleversé par ‘Pêcheur d’Islande’ qu’il vient de terminer, écrit d’un seul jet à 3heures du matin ‘La Paimpolaise’, et décide de quitter Paris pour Paimpol. Même si ce n’est pas vrai, c’est vrai. SL
La Paimpolaise
Quittant ses genêts et sa lande
Quand le Breton se fait marin
En allant aux pêches d’Islande
Voici quel est le doux refrain
Que le pauvre gars
Fredonne tout bas
J’aime Paimpol et sa falaise
Son église et son Grand Pardon
J’aime surtout la Paimpolaise
Qui m’attend au pays breton
Le brave Islandais, sans murmure
Jette la ligne et le harpon
Puis, dans un relent de saumure
Il se glisse dans l’entrepont
Et le pauvre gars
Fredonne tout bas
Je serais bien mieux à mon aise
Devant mon joli feu d’ajonc
À côté de la Paimpolaise
Qui m’attend au pays breton
Mais souvent l’océan qu’il dompte
Se réveillant lâche et cruel
Et lorsque que le soir on se compte
Bien des noms manquent à l’appel
Et le pauvre gars
Soupire tout bas
Pour trotter la flotte irlandaise
Puisqu’il faut plus d’un moussaillon
J’épouserons ma petite Paimpolaise
En rentrant au pays breton
Puis, quand la vague le désigne
L’appelant de sa grosse voix
Le brave Islandais se résigne
En faisant un signe de croix
Et le pauvre gars
Quand vient le trépas
Serrant la médaille qu’il baise
Glisse dans l’océan sans fond
En songeant à sa Paimpolaise
Qui l’attend au pays breton
