Photographie (s) : Autoportrait au smartphone / Conséquences de mon exposition à Richter Mauvignier et Stepanova (entre autres)- images et glose hors-sujet .

Bonjour à vous !

Un petit peu de glose en ce lendemain de week-end parisien où je me suis exposée au virus Gerhard Richter (Fondation Vuitton) alors que je suis en train d’écouter (bien ‘narré’ par Denis Podalydes ) La maison vide de Laurent Mauvignier (il me reste 15 heures d’écoute 😉 )

Une des lignes de Richter a été de peindre à l’huile des reproductions floutées de photos de sa famille quittée en hâte lorsqu’il s’est enfui de RDA au moment de la construction du Mur de Berlin . Le portrait de sa fille Betty ci-dessus montre d’une part l’excellence de Richter comme peintre, d’autre part qu’il opère la même distanciation entre lui et sa fille contemporaine de l’acte de peindre qu’ entre lui et ses proches fixés comme des papillons sur une planche par la photographie d’instants passés engloutis à jamais . Le moins que l’on puisse dire c’est que la posture est chelou, voire flippante.

Laurent Mauvignier de son côté a reçu le Prix Goncourt 2025 pour un roman La maison vide où le narrateur quinquagénaire s’échine à ressusciter des membres de sa famille disparus depuis longtemps à partir de ce qu’il a pu retrouver comme objets, reliques dans la maison familiale et de bribes d’histoires qu’il a recueillies ici et là. J’en suis à l’arrière-grand -mère Marie-Ernestine.

Plus riche plus dense plus ardu (voir l’état de la couverture 😉 ) le livre de Maria Stepanova En mémoire de la mémoire qui s’attaque à la même face himalayenne que Mauvignier – expédition très à la mode actuellement semble-t-il.

Il est difficile de ne pas attraper ce virus-là, celui d’essayer d’imaginer qui étaient nos ancêtres (à commencer par nos parents) et de chercher en quoi nos vies coulent, découlent des leurs. Dans un autre domaine, qui n’est pas celui des arts plastiques ni celui de la littérature ni celui de la généalogie, il y a les passeurs d’âmes.

Bien remuée (moved) par Richter, j’y suis allée de mon escalade à moi : cet ‘Autoportrait au smartphone’, qui est mon reflet dans une sphère d’acier (une bille d’un roulement à billes si je me souviens bien ) exposée dans une des salles. C’est ma réponse ‘à la Richter’ : Qui suis-je pour moi ? qui suis-je pour mes contemporains ? qui serai-je pour mes descendants ? et au finish bien sûr, est-il nécessaire de fariboler sur cette ombre noire illisible ?

C’est pour cela que je suis contente du hasard (mais le hasard existe-t-il ?? 😉 ) qui m’a fait prendre cette photo floue d’un ‘gênant’ regardant une sphère dessinée par Richter que je voulais photographier. C’est la cerise sur le gâteau 😉 Il n’y a même pas de silhouette dans la sphère qu’il regarde 😉 Est-ce un descendant lointain que j’aurais croisé dans cette exposition ?? 😉

Bon ! voilà pour la glose et le partage . Je précise que c’est la première fois (mais que ce n’est pas la dernière 😉 ) que j’utilise la touche ‘retouche’ de mon premier smartphone.

Bien amicalement, voire affectueusement (;-) ..),

sl

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