Accroupi sur le sable mouillé
Devant le parasol
On regarde un petit crabe mort
C’est bien étrange un crabe !
Accroupi sur le sable mouillé
Devant le parasol
On regarde un petit crabe mort
C’est bien étrange un crabe !
Allongée au soleil
Tout près du parasol
On les entend jouer aux cartes
Leur babil rassurant
Qui parle à notre coeur
On est bien
Assis sous le parasol black and blue
On crève de chaud
On écoute Black and blue
On crève de chaud
On écoute Black and blue
L’ eau fraîche est trop loin
On crève de chaud
On écoute Black and blue
Donc Fred , après avoir lu mon dernier parasol , 1387ième du nom, intitulé ‘Les mouettes n’ont pas de pelle’ a écrit ceci : Coucou ! Je voudrais pas casser l’ambiance, mais là c’est pas une mouette mais un goéland. Ce qui n’enlève rien au propos ! 😉
J’ai donc filé sur mon site et y ai exhumé (miracle de l’internet) les 4 et seulement 4 parasols qui prouvent qui prouvent qui prouvent .. 😉
Noms d’emprunt 21-12-2015
Allongé sur le sable bien chaud
À côté du parasol
On regarde ces chouettes mouettes
Qui sont toutes des goélands
Et on pense à tous ces chameaux du désert
Qui sont – eh oui ma fille ! – des dromadaires
Transmission 06-04-2016
Assis sous le parasol
On regarde une jeune mère
Montrer une mouette
À sa petite fille
C’est un goéland
Le goéland 18-10-2022
Il se dandinait devant le parasol
On a vu la goutte de sang
Au bout de son bec jaune
Crochu
Son oeil rond rouge
Glacé
Et maintenant il plane
Magnifique
Là-haut dans le ciel bleu
Icare 07-12-2016
Assis sur une serviette
À l’ombre d’un parasol
On regarde planer
Un goéland
On voudrait pouvoir
Pouvoir pouvoir
Debout devant le parasol
Les mains sur les reins
On regarde la mer au loin
Le château à nos pieds
Les deux gamins qui nous regardent
Dis Maman, t’attends le dégel ?
On reprend la pelle

Merci au photographe qui a eu la patience de réussir cette photo car si les mouettes n’ont pas de pelle, elles ne prennent pas la pose non plus 😉 sl




Bonjour à vous !
Un petit peu de glose en ce lendemain de week-end parisien où je me suis exposée au virus Gerhard Richter (Fondation Vuitton) alors que je suis en train d’écouter (bien ‘narré’ par Denis Podalydes ) La maison vide de Laurent Mauvignier (il me reste 15 heures d’écoute 😉 )
Une des lignes de Richter a été de peindre à l’huile des reproductions floutées de photos de sa famille quittée en hâte lorsqu’il s’est enfui de RDA au moment de la construction du Mur de Berlin . Le portrait de sa fille Betty ci-dessus montre d’une part l’excellence de Richter comme peintre, d’autre part qu’il opère la même distanciation entre lui et sa fille contemporaine de l’acte de peindre qu’ entre lui et ses proches fixés comme des papillons sur une planche par la photographie d’instants passés engloutis à jamais . Le moins que l’on puisse dire c’est que la posture est chelou, voire flippante.
Laurent Mauvignier de son côté a reçu le Prix Goncourt 2025 pour un roman La maison vide où le narrateur quinquagénaire s’échine à ressusciter des membres de sa famille disparus depuis longtemps à partir de ce qu’il a pu retrouver comme objets, reliques dans la maison familiale et de bribes d’histoires qu’il a recueillies ici et là. J’en suis à l’arrière-grand -mère Marie-Ernestine.
Plus riche plus dense plus ardu (voir l’état de la couverture 😉 ) le livre de Maria Stepanova En mémoire de la mémoire qui s’attaque à la même face himalayenne que Mauvignier – expédition très à la mode actuellement semble-t-il.
Il est difficile de ne pas attraper ce virus-là, celui d’essayer d’imaginer qui étaient nos ancêtres (à commencer par nos parents) et de chercher en quoi nos vies coulent, découlent des leurs. Dans un autre domaine, qui n’est pas celui des arts plastiques ni celui de la littérature ni celui de la généalogie, il y a les passeurs d’âmes.
Bien remuée (moved) par Richter, j’y suis allée de mon escalade à moi : cet ‘Autoportrait au smartphone’, qui est mon reflet dans une sphère d’acier (une bille d’un roulement à billes si je me souviens bien ) exposée dans une des salles. C’est ma réponse ‘à la Richter’ : Qui suis-je pour moi ? qui suis-je pour mes contemporains ? qui serai-je pour mes descendants ? et au finish bien sûr, est-il nécessaire de fariboler sur cette ombre noire illisible ?
C’est pour cela que je suis contente du hasard (mais le hasard existe-t-il ?? 😉 ) qui m’a fait prendre cette photo floue d’un ‘gênant’ regardant une sphère dessinée par Richter que je voulais photographier. C’est la cerise sur le gâteau 😉 Il n’y a même pas de silhouette dans la sphère qu’il regarde 😉 Est-ce un descendant lointain que j’aurais croisé dans cette exposition ?? 😉
Bon ! voilà pour la glose et le partage . Je précise que c’est la première fois (mais que ce n’est pas la dernière 😉 ) que j’utilise la touche ‘retouche’ de mon premier smartphone.
Bien amicalement, voire affectueusement (;-) ..),
sl
À genoux sur le sable
À côté du parasol
On classe nos trésors
En premier il y a
La plume de mouette
On se roule dans le sable mouillé
On fonce dans la mer bleue
On ressort en courant
Tout propre
Magique !
Le parasol sourit