A plat-ventre
Tout à côté du parasol
Le corps collé au sable chaud
Les bras brassant le sable chaud
Les pieds fouissant le sable chaud
On évacue les mots
On évacue les maux
Les mots les maux
Les maux les mots
Dans le sable chaud
A plat-ventre
Tout à côté du parasol
Le corps collé au sable chaud
Les bras brassant le sable chaud
Les pieds fouissant le sable chaud
On évacue les mots
On évacue les maux
Les mots les maux
Les maux les mots
Dans le sable chaud
Assis bien sages
Dans l’ombre du parasol
Langue en pointe
Religieux
Les yeux perdus dans la vague
On lèche le caramel dur et doré
Coulé au fond du coquillage
C’est bien étrange
Et bien bizarre une plage
Ni terre ni mer
Rien n’y pousse
On s’y déshabille
Et on y plante
Un parasol
Grosse fausse fleur
Sous laquelle on s’allonge
Ni nu ni vêtu
Rougejaunes contre bleuverts
On est tous prêts mais
Papa ne trouve pas le cochonnet
Il s’ est caché dans le sable
Quelque part sous le parasol
Et surtout ! Pas de soleil
Sur la cicatrice !
Morfondu sous le parasol
On touille le sable
Avec un bâton
Plus rien n’a de sel
Pas même la mer
Dans l’ombre du parasol silencieux
Nos pensées-poissons passent et disparaissent
Lentes comme des songes
Entre bleu-mercalme et bleu-horizon
Assis en tailleur sur le sable
Comme un nomade du désert
On regarde les parasols
Et on flippe
C’est ça l’avenir ?
Accoudé à la balustrade
On regarde la plage
Demain !
Ils arrivent demain !
Où va-t-on planter notre parasol ?
On sourit